Voilà une bonne douzaine d’années que plusieurs maisons de la rue du Château sont en déshérence sans que cela ne perturbe grand monde, sinon les riverains. Et puis pouf ! Le 22 janvier apparaît un arrêté de péril imminent. Imminent depuis 12 ans ? Dans les semaines précédentes, des squatters ont fait voler en éclats les vieilles vitres. Des tessons de verre jonchent le trottoir. Conclusion : il faut démolir.
L’arrêté de péril imminent. (Jean-David Desforges, janvier 2020)
Ces maisons sont des maisons médiévales, construites sur de petites parcelles caractéristiques du tissu urbain de cette période. Nous sommes rue du Château, berceau de la ville. Ces parcelles sont occupées depuis le Xe siècle dans le premier noyau fortifié d’Alençon. Un millénaire d’occupation, ce n’est pas à négliger même si on l’a fait un peu plus loin dans le quartier. Mais nous ne sommes plus dans les années 1960-1970.
Mais revenons à nos barrières de sécurité. Elles offrent un abri pour jeter les poubelles en douce et un confortable « coin à pisse », pardonnez l’expression. C’est un avant goût du terrain vague qui va remplacer ces maisons. On en prend pour 50 ans, au minimum. Non ? Et les vénérables friches de la rue Bonette voisines ?
Sur l’arrière, on aperçoit une maison construite dans les années 1760-70. D’ailleurs, les maisons sur la rue, ont été frappées d’alignement à cette période. Ce que nous voyons, ce sont des façades en pans de bois médiévales remontées 1 m en arrière pour élargir la rue du Château.
Quasiment toutes les maisons de la Grande rue, et quelques unes de la rue du Château ont des façades remontées. Mais dans la majorité des cas, les façades sont rebâties en pierres. Rares sont celles qui réutilisent des éléments de pans de bois médiévaux. Il en reste… peu. Je vous les montre. Ici, Grande rue, près de Notre-Dame, le remplissage est en briques. On voit bien une poutre maîtresse apparaître en façade : c’est un indice de transformation entre 1755 et 1770.
Un peu plus loin Grande rue, nous avons une maison contemporaine des Sept Colonnes. Des éléments en bois conservés à l’intérieur jusqu’à il y a peu vont d’ailleurs servir de modèles pour reconstituer ce qui a disparu dans les Sept Colonnes. La façade est remontée avec des pièces de bois médiévales.
Toujours Grande rue,regardons à présent ce Monument Historique, qui ferme la Cour Cochon. L’étage a été remanié vers 1760-70 aussi. La structure est un mélange de pièces en place et d’assemblages du XVIIIe siècle.
Le n° 157, Grande rue à Alençon. (Jean-David Desforges, mars 2020)
Mais comment argumenter que ce sont des maisons transformées à la même période ? Avec cet assemblage formant le panneau sous les fenêtres, qui se retrouve dans trois des exemples connus, est-il nécessaire d’en écrire davantage ?
De haut en bas, les 9 et 11, rue du Château à Alençon, le 79, Grande rue et le 157, Grande rue. (Jean-David Desforges, mars 2020)
Pour la maison couverte d’un enduit, et dont on devine les pans de bois, regardons les baies, avec un linteau un peu cintré. Là aussi, nous sommes dans les années 1760-1770. Ce serait dommage de découvrir un pan de bois intéressant le jour de la destruction, n’est-ce pas ?
Alors que faire ? Puisque des fonds publics sont engagés pour ces maisons, pourquoi ne pas les sécuriser ? Un architecte y verrait-il un chantier insurmontable ? Pourquoi détruire et créer une friche pour les 50 ans qui viennent alors que la maison des Sept Colonnes en face va retrouver son lustre ? Ces maisons ont une place, une histoire un rôle à jouer dans notre environnement. Donc non, ne les démolissons pas.
Le cadastre du XIXe siècle rend compte d’une situation qui s’est mise en place en plein Moyen Âge : on se presse pour avoir une parcelle où édifier sa maison, souvent dotée d’une boutique au rez-de-chaussée. La série des parcelles rue du Château illustre parfaitement ce partage de l’espace, qui est si compté à l’intérieur d’une ville fortifiée comme Alençon.
Voici deux ans, la sculpture de Marcel Chauvenet, La Grotte, était éliminée de notre paysage urbain.
Aujourd’hui, elle est reléguée, en tas, dans un dépôt de matériaux… ce qui équivaut à un vandalisme institutionnel. En effet, en deux années pleines, si une quelconque volonté existait, le résultat serait fort différent.
Savez-vous qu’en 1981, alors que l’artiste installe cette fontaine à Alençon, il est aussi récompensé du prix de sculpture Germain Pilon pour La Chouette, commandée par le Smithsonian Institut (Washington DC) ?
L’oeuvre de Marcel Chauvenet remisée sine die dans les entrepôts municipaux.
Savez-vous également que ce démontage pourrait être assimilé en droit à une atteinte à l’intégrité de l’œuvre, même s’il est argué qu’elle est provisoire ?
Les droits d’un artiste doivent être respectés ; le propriétaire, qu’il soit public ou privé, ne peut disposer comme bon lui semble d’une création de l’esprit.
Hercule François de Valois est titré et apanagé duc d’Alençon car il est le troisième fils d’Henri II et de Catherine de Médicis, derrière Charles IX et Henri III, dont il est à partir du couronnement de ce dernier, le successeur désigné.
Membre de la famille royale, prince du sang, sa représentation est tout au long de sa vie un acte politique. La collection de ses portraits est particulièrement fournie. Quelques uns tranchent avec une tonalité intimiste certaine quand d’autres sont d’une ostentation criante, stricte reflet de ses prétentions sur la scène européenne soit en tant que promis à Élisabeth Ière d’Angleterre soit en tant que Prince Protecteur des Pays-Bas.
Hercule naît à Fontainebleau le 18 mars 1555. Petit et chétif, au teint mat, il est surnommé par sa mère « mon petit moricaud ».
Hercule âgé d’environ 1 ans, par François Clouet, 1556. (Musée Condé, Chantilly)Hercule, par François Clouet, 1557. (Weiss Gallery, Londres)Hercule, par François Clouet, 1561. (Bibliothèque Nationale de France)Hercule, par François Clouet, 1563. (Royal Collection of England)Catherine de Médicis et ses enfants, par François Clouet, vers 1565. (Tableau détruit en 1940)Hercule, par François Clouet, 1570. (Musée du Louvre, Paris)
Cet extraordinaire portrait en pied de Hercule a été commandé par sa mère, Catherine de Médicis. Le tableau a été offert à Elisbeth d’Angleterre au moment de la proposition de mariage. A 18 ans, Hercule-François est donc le potentiel prince consort d’Angleterre. Il fait aussi son entrée dans la politique, aux lendemains du massacre de la Saint-Barthélémy. Il rejoint le mouvement des Malcontents.
Le prince Hercule, duc d’Alençon, par François Clouet, mars 1572. (National Gallery of Art, Londres)Hercule d’Alençon, François Clouet, vers 1570. (Victoria and Albert museum, Londres)Hercule d’Alençon, par François Clouet, 1573. (Vente Drouot 2012)Hercule d’Alençon dans le Livre d’Heures de Catherine de Médicis, 1572-1575. (Bibliotèque Nationale de France)
Loin des œuvres ostentatoires, le Livre d’Heures de Catherine de Médicis recueille 58 portraits de la famille royale. Réalisé entre 1572 et 1575, il abrite un portrait de Hercule avec ses attributs de prince du sang. La couronne est la marque de son rang de duc d’Alençon (à droite dans la galerie).
Sous l’angle intime, mais toujours avec l’ostentation obligatoire pour une lignée royale, ce tableau généalogique présente les membres de la famille royale depuis François Ier et la reine Claude. Réalisé à tempera sur du parchemin, il serait de la main de François Clouet. Hercule-François est dans l’angle inférieur droit.
Arbre généalogique des Valois, École française, vers 1570. (Galerie des Offices, Florence)
En 1573, Vasari achève les fresques de la Sala Regia, antichambre de la Chapelle Sixtine. Sur la commande du pape Grégoire XIII, la Saint-Barthélémy y est célébrée (il n’y a pas d’autre mot par rapport au contexte). Herculeest à la droite de ses frères, le roi de Pologne Henri, et le roi de France Charles IX qui léve sont épée.
Fresque de la Saint-Barthélémy, Sala Regia, par Vasari, 1575. (Cité du Vatican)
En 1582, Pierre Dumonstier (1543?-1601) réalise ce dessin qui sert de base à plusieurs tableaux. A cette période, Hercule a besoin de nombreux portraits officiels. Son rôle politique est plus affirmé. Il a réussi à prendre le dessus sur son frère Henri III (ligue des Malcontents et édit de Beaulieu). Il devient duc d’Anjou et « protecteur de la liberté » des Pays-Bas. Désormais, il a le titre de « Monsieur » à la cour, en tant que frère du roi et successeur désigné à la couronne. En effet, Charles IX meurt en 1574 et Henri III lui succède.
Hercule d’Alençon, par Pierre Dumonstier, 1582. (Bibliothèque Nationale de France)Hercule d’Alençon, anonyme, vers 1570. (Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle, Alençon)Hercule d’Alençon, Ecole française, 1576. (Vente Sotheby’s. Londres)Hercule d’Alençon, François Clouet, 1571. (Bibliothèque Nationale de France)
Les fonctions militaires de Hercule sont symbolisées par un plastron, une rondache, un casque empanaché et un bâton de commandement. Le portrait en pied ci-après appartenait à la galerie des Grands Hommes de l’archiduc Charles II d’Autriche-Styrie.
Hercule d’Alençon, anonyme, vers 1575. (Kunsthistorisches Museum, Vienne)
L’ambassadeur espagnol Francés de Alava, toutefois adversaire politique, écrivait : « Le duc d’Alençon comptait pour peu, homme très vicieux, faisant le catholique, mais bien plutôt le chef des athéistes… Il ne savait répondre avec esprit, ni à l’ambassadeur ni à personne. Tout ce qui sortait de la bouche de son entourage n’était que tromperie, burleria.«
Sur cet autre portrait en miniature, Hercule-François est coiffé de frisures, avec la barbichette en mouche, en vogue au début du règne d’Henri III, vers 1577. Ce type de portrait est propre à Nicholas Hilliard qui, outre son talent d’artiste, est appointé comme valet de la garde-robe du duc d’Alençon.
Hercule d’Alençon, par Nicholas Hilliard, 1576. (Kunsthistorisches museum, Vienne)Hercule d’Alençon, Nicholas Hilliard, 1577. (Kunsthistorisches Museum, Vienne)
On retrouve Hercule-François en compagnie de sa sœur Margot sur ces tapisseries de la série Les Tapisseries des Valois, conservées aux Offices à Florence. Elles représentent des festivités de cour, autour de 1580.
Marguerite de Valois et Hercule d’Alençon, Tapisseries des Valois, vers 1580. (Galerie des Offices, Florence)Hercule d’Alençon, Tapisseries des Valois, vers 1580. (Galerie des Offices, Florence)
En 1581, Hercule se prépare à monter sur le trône des Pays-Bas. Il passe alors quelques temps auprès d’Élisabeth d’Angleterre, où il décide de mener une campagne de communication. Plusieurs gravures à son effigie sont diffusées afin de le faire connaître et reconnaître. Il débarque aux Pays-Bas, depuis l’Angleterre, en février 1582.
Hercule d’Alençon, par Hans Liefrinck, 1581. (British Museum, Londres)
Si l’image officielle est contrôlée et flatteuse, elle peut parfois être réaliste et désavantageuse. Sur plusieurs gravures, les traits de Hercule-François sont moins flatteurs qu’à l’accoutumée. Les traces de la petite vérole (variole) qu’il a contracté dans l’enfance sont mis en avant.
Le 19 février 1582, le duc d’Alençon fait son entrée en tant que roi des Pays-Bas à Anvers. En costume de sacre, il suit un itinéraire bien précis dans la ville sous un dais porté par six hommes. Il passe par un arc de triomphe alors qu’un feu d’artifice est tiré. L’événement a été longuement commenté et illustré.
La joyeuse entrée du duc d’Alençon à Anvers le 19 février 1582, anonyme, 1582. (Rijksmuseum, Amsterdam)La joyeuse entrée du duc d’Alençon à Anvers le 19 février 1582, par Franz Hogenberg, 1582. (Bibliothèque Nationale de France)La joyeuse entrée du duc d’Alençon à Anvers le 19 février 1582, anonyme, 1582.
Évidemment, les manœuvres politiques pour monter sur le trône des Pays-Bas attire la satire, d’autant que le jeu des influences étrangères sont loin d’y faire l’unanimité. Deux tableaux rappellent ce climat : Pendant que la reine Élisabeth nourrit la vache à lait des Pays-Bas, le duc d’Alençon lui tire la queue. Philippe d’Espagne la chevauche en la cravachant et le prince d’Orange s’engraisse directement au pie.
La vache à lait des Pays-Bas, 1582.La vache à lait des Pays-Bas, 1582.Hercule-François d’Alençon, par Pierre Gourdelle, 1582. (Bibliothèque Nationale de France)
Hercule est représenté ci-dessous dans une enluminure pleine page de son livre d’heures. Réalisé en 1582 par Joannes Bol, cet ouvrage magnifique ne sert que très peu de mois au duc d’Alençon qui décède le 10 juin 1584 d’une tuberculose pulmonaire, tout comme son frère Charles IX. Henri III décrète quatre jours de cérémonies funèbres. C’est l’une des premières fois où la cour s’habille de noir pour un deuil et non de pourpre. Un mannequin est dressé sur un lit de parade, le cercueil étant placé dessous, dans l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas, récemment achevée. Autre écart au protocole : Henri III et Catherine de Médicis aspergent le corps d’eau bénite. La dépouille embaumée est déposée dans le caveau des Valois de la basilique Saint-Denis. Le cœur est enfermé dans un reliquaire au couvent des Célestins à Paris.
Livre de prières du duc d’Alençon, par Joannes Bol, 1580-1582. (Bibliothèque Nationale de France)
Pour compléter ce catalogue des portraits du duc d’Alençon du berceau à la tombe, une image de son gisant aurait pu convenir. L’Histoire ne le permet pas comme nous allons le voir. Les membres de la famille royale sont inhumés dans la rotonde des Valois, une chapelle funéraire adjacente à la basilique de Saint-Denis. Commandée par Charles IX, elle reste inachevée, sans le dôme projeté et a souffert des intempéries. En 1719, le mausolée est détruit. Monuments funéraires et dépouilles sont installées dans la basilique où ils sont profanés en octobre 1793.
La rotonde des Valois et la basilique Saint-Denis.
Remplaçant l’ancienne « halle aulx bleds » de la rue de « l’ancienne mairerie », l’édifice que nous connaissons tous, si emblématique, est décidé en 1803 par le conseil municipal. La construction débute en 1806 et s’achève en 1812. A l’origine, il n’y a pas de coupole. Et heureusement car en 1836 un incendie ravage la halle. Noircie, ruinée, elle est alors surnommée LE COLISÉE D’ALENÇON !
La halle au blé est construite dans le contexte du blocus continental imposé à la France durant le Premier Empire. A la même époque, des statistiques des productions agricoles sont commandées et l’utilisation des sols est rationalisée. L’amélioration de la production doit donc s’accompagner de sites économiques neufs et vastes comme cette halle.
Le cadastre d’Alençon de 1819. (Archives départementales de l’Orne)
L’architecte départemental Charles Arnoul et l’ingénieur Charles Croquefer étudient en 1865 la conception d’une coupole pour coiffer la cour circulaire. Seize arcs reposent sur autant de colonnes creuses de fonte. Chacune supporte une poussée de 3,5 tonnes. Une telle légèreté a valu à la halle un autre surnom : la crinoline d’Alençon.
Les plans de la structure de la halle au blé ont été édités en 1866 dans les Annales de la Construction. En voici des détails dignes d’admiration tant pour la technique que pour l’esthétique.
Quand Silas Broux imaginait la halle comme un véritable grenier à blé… En réalité, le monument était un marché où les ventes entre producteurs et grossistes se faisaient sur le mode des foires. Bien d’autres denrées y étaient vendues aussi. Les arcades étaient occupées par des échoppes temporaires. Les stocks de grains étaient à l’étage, au sec. On voit encore aujourd’hui les portes d’accès en hauteur.
Ce sont les Prussiens qui inaugurent fin 1815 la halle aux blés en tant que caserne. Ils y reviennent en 1871. Le monument se prêtant à cet usage, dans les années 1890-1900, des troupes de réservistes de l’armée française qui y sont cantonnées chaque été. Cette photographie a été plusieurs fois éditée comme carte postale. A nouveau les réservistes des années 1900. Cette fois la prise de vue permet d’apprécier le rythme classique des arcs et la stéréotomie. 1916, l’édifice est toujours dévolu aux militaires. Ce dessin de Fleurel représente l’étage de la Halle aux Blés aménagé en hôpital militaire de l’Arrière.
L’après-guerre 1870-1871 correspond aussi à un changement dans les pratiques agricoles. Les machines à vapeur changent la production mais aussi les moyens d’échange. Les foires aux grains déclinant, il faut trouver d’autres usages à la halle aux blés. L’étage sert à plusieurs reprises de salle d’exposition. Ce document est le souvenir d’une manifestation artistique en 1910.
L’art et la halle au blé, c’est une tradition qui se poursuit de nos jours, comme vous le savez, avec par exemple, au long des années, la biennal de la galerie Goupil, le festival Art sur le Fil.
Rigaud, natif de Bordeaux, séjourne à Alençon dans les années 1910-1920. Il est classé parmi les peintres postimpressionnistes. Albert-Henri Besnard grave son portrait en 1922.
Il promène son chevalet dans les rues d’Alençon et les chemins environnants, nous léguant une place Saint-Pierre animée ou une rue de la Poterne déserte.
Jean-David Desforges
Rue de la Juiverie. (Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle)
Si on vous demande qui est Juste Lisch, vous serez bien en peine. Pas une rue à son nom et rien qui ne rappelle son souvenir dans sa ville natale. Fils du patron de filature, Jean Lisch, et de Marie Desvignes, il naît le 10 juin 1828 rue du Mans. Il débute ses études d’architecte en 1847.
Dans les années 1850, Juste Lisch travaille sur deux bâtiments du Mans : la maison de la Reine Bérengère, en restauration et cette maison neuve dans le style Renaissance, rue des Chanoines.
S’il ne paraît pas intervenir à Alençon, Juste Lisch y vient régulièrement. En 1858, il assiste au salon des Beaux-Arts qui se tient dans l’église Saint-Joseph, reconvertie en bibliothèque. Nous lui devons cette magnigfique perspective de la salle du première étage.
Exposition des Beaux-Arts à Alençon en 1858, crayon sur papier contrecollé sur carton H. 28,3 ; L. 23,2 cm. (Musée d’Orsay)
« Autoportrait de profil gauche, un fume-cigarette à la main » par Albert-Henri Besnard, 1945. (Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle)
Albert-Henri Besnard est né à Alençon le 14 novembre 1890. Il y décède en 1977. Il nous a légué cinq tableaux (huile sur carton), de petits formats, qui rappellent plus que des photographies que la Libération s’est faite dans la souffrance en Normandie. Albert-Henri Besnard est aussi le fondateur de la Société des Amis du Vieil Alençon.
« Carrefour de la rue de Bretagne et de la rue Jullien dans Alençon sinistré », par Albert-Henri Besnard, 1945. (Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle)« La rue de Bretagne dans Alençon sinistré », , par Albert-Henri Besnard, 1945. (Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle)« Alençon sinistré : la gare », par Albert-Henri Besnard, 1945. (Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle)« Grande Rue après les bombardements face à la place La Magdeleine », par Albert-Henri Besnard, 1945. (Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle)« Vue de la chapelle de l’école Saint-François à Alençon », par Albert-Henri Besnard, 1945. (Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle)
René Veillon est né à Mortagne-au-Perche, le 29 février 1864. Son père y est professeur au collège. Sa mère, Célestine Joubert, est veuve d’un premier mariage. Elle a un fils aîné : Mary Renard (1849-1925) qui est connu comme peintre également, conservateur du musée d’Alençon et vétéran de la guerre 1870-1871.
Son père Alphone (1831-1910) est lui-même photographe. Pour améliorer les revenus de la famille, alors qu’il entre en 1876 au lycée d’Alençon comme professeur de dessin d’imitation, il reprend une librairie rue aux Sieurs. Deux ans plus tard, il ouvre rue du Château son atelier de peintre-photographe.
Alphonse et René Veillon figurent dans la salle des décapités de l’auberge des sœurs Moisy, parmi les 66 profils. Ils sont en effet régulièrement à Saint-Céneri, avec Mary Renard, pour y peindre.
La complicité entre le père et le fils autour de leur passion commune transparaît dans plusieurs tableaux photographiques. Ici, Alphonse Veillon photographie René pour un portrait de balayeur.
On s’amuse aussi à prendre la pose pour un très sérieux concours du plus beau chapeau ! La famille : René et Alphonse Veillon, Mary Renard et l’ami Paul Saïn.
En 1888, devenu ingénieur, René Veillon trouve un emploi aux établissements Bechmann de Val-et-Châtillon en Meurthe-et-Moselle. Il y est élu maire en 1896, et le reste jusqu’à sa mort. Durant la Première Guerre mondiale, les Lorrains non mobilisés sont emprisonnés par les Allemands. René Veillon passe sa détention à Rastatt, où il peint trois tableaux. Il décède en 1920.