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  • Les sarcophages de Colombiers

    Sous l’actuel cimetière de Colombiers reposent les vestiges d’une nécropole mérovingienne mise au jour entre 1979 et 1986. Cette fouille, dirigée par feu Hubert Gros, a permis d’exhumer plusieurs sarcophages et d’étudier un pan important de l’histoire locale. Aujourd’hui, ces vestiges continuent de susciter l’intérêt des chercheurs et du grand public, notamment avec le rapatriement prochain de certains sarcophages depuis Alençon vers Colombiers.

    Des sarcophages entre Colombiers et Alençon

    Suite aux fouilles, certains sarcophages sont restés à Colombiers, visibles dans et aux abords du cimetière, tandis que d’autres ont été transportés à Alençon pour être exposés au musée des Beaux-Arts. Ceux-ci étaient alors accompagnés de vitrines contenant des mobiliers archéologiques. Cependant, avec l’évolution de la muséographie, les salles archéologiques ont disparu et les sarcophages ont été relégués sous les arcades du musée.

    Un retour aux sources pour certains sarcophages

    Récemment, un article d’Ouest France a annoncé le rapatriement à Colombiers de plusieurs de ces sarcophages. Cette initiative permettra de redonner à ces pièces majeures de l’histoire mérovingienne une place plus appropriée et accessible à la population locale. L’occasion est idéale pour se replonger dans les fouilles et découvrir l’une des sépultures les plus marquantes : la sépulture 233.

    La sépulture 233 : un véritable caveau collectif

    Parmi les découvertes les plus remarquables de la nécropole figure la sépulture 233. Ce caveau collectif illustre parfaitement les pratiques funéraires de l’époque mérovingienne et offre un témoignage unique sur les croyances et traditions de ces populations.

    (Avertissement : certaines images peuvent contenir des représentations de squelettes, en raison du contexte archéologique de ces fouilles.)

    Avec ces nouvelles perspectives, la nécropole de Colombiers retrouve progressivement une partie de son patrimoine, rappelant l’importance de la conservation et de la valorisation de notre histoire locale.

    Jean-David Desforges

  • Le magasin Félix Potin, rue du Pont Neuf

    Une réclame publiée plusieurs fois dans les années 1910 et 1920. (Collection privée)

    Épicier du XIXe siècle, Félix Potin (1820-1871) théorise son commerce suivant quatre principes :

    • vente à bon poids,
    • produits de qualité,
    • marge bénéficiaire réduite,
    • prix affichés en magasin.
      Outre la vente, il opte aussi sur la production et le conditionnement des produits sous sa marque.

    Son magasin, situé rue du Pont Neuf à Alençon, ouvre dans les années 1860 et fonctionne jusque dans les années 1930. C’est à cette période que le groupe Potin connaît de grosses difficultés (évasion fiscale, décès du dernier représentant de la famille, etc.). Longtemps, le bâtiment est partagé entre une enseigne de jouets et une quincaillerie. Il a été en grande partie démoli à la fin des années 1990, mais il en reste deux travées et son fronton, réutilisé dans la résidence qui lui a succédé.

    Il n’y a pas que les fondateurs des grands magasins : une photographie prise à la veille de la Première Guerre mondiale montre les employés posant devant la devanture du Félix Potin d’Alençon. Cravates et tabliers de rigueur. Chien du gardien et vélo-triporteur au premier plan.

    Les employés du magasin. (Collection privée)

    Jean-David Desforges

  • Le premier monument aux Morts

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  • Saint-Pierre de Montsort

    Saint-Pierre de Montsort

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  • La « mairerie » d’Alençon

    Cette maison a servi de mairie à la commune d’Alençon de 1473 jusqu’au milieu du XVIe siècle. Elle peut être datée de la seconde moitié du XVe siècle en raison de ses murs pare-feu et de sa façade en pans de bois. Curieusement, son propriétaire, l’architecte qui a conçu la coupole de la Halle aux Blés, l’a faite détruire. L’aquarelle, de l’artiste Henry Fleury de La Hussinière, est réalisée l’année de la démolition : 1879. Cette maison a servi de mairie à la commune d’Alençon de 1473 jusqu’au milieu du XVIe siècle.

    Cadastre d’Alençon. (Archives départementales de l’Orne)

    Elle peut être datée de la seconde moitié du XVe siècle en raison de ses murs pare-feu et de sa façade en pans de bois. Curieusement, son propriétaire, l’architecte qui a conçu la coupole de la halle aux blés, l’a faite détruire. L’aquarelle, de l’artiste Henry Fleury de La Hussinière, est réalisée l’année de la démolition : 1879.

    La maison était située parcelle 740, rue de l’Ancienne Mairie, dans la partie sud de l’actuelle rue du Val Noble (nom datant des années 1970 et remplaçant aussi la rue du Val) face à l’hôtel de la brigade.  

    Jean-David Desforges

  • Un mur de la Société des Lettres ?

    14 juillet 2018

    Un mur a été mis au jour dans une tranchée place Foch. Juste sous le bitume, il mesure plus d’un mètre de large. Très profondément fondé, en moellons de granit et en mortier de sable et chaux, est-il un vestige de l’immeuble de la Société des Lettres ? Construit au XVIIIe siècle, ce bâtiment fermait la place. Il est incendié durant la Révolution, pour le symbole.

    Jean-David Desforges

  • Le grenier à sel

    Depuis la fin du Moyen Âge, Alençon a possédé un grenier à sel, institution essentielle à la gestion de cette denrée stratégique. Son rôle était double : abriter les stocks de sel et assurer l’administration de cette marchandise, indispensable notamment pour la conservation alimentaire. Il servait aussi de tribunal pour juger les affaires de faux-sauniers.

    L’impôt et son administration

    L’impôt sur le sel fut instauré en 1315 par Louis X et généralisé par Jean II le Bon (1319-1364) afin de financer sa rançon à Édouard III d’Angleterre. Alençon, ville normande, relève du régime du Quart-Bouillon — une technique de production du sel par bouillage d’eau de mer — qui influait sur la fiscalité de la ressource.

    Le grenier à sel d’Alençon était administré par un collège d’officiers composé d’un président, d’un « grénetier », d’un contrôleur, d’un procureur du roi et d’un greffier. Afin d’optimiser la collecte de l’impôt et de lutter contre la contrebande, des greniers secondaires étaient établis à Fresnay ou Bellême.

    Des emplacements successifs

    L’institution fut abolie à la Révolution, mais l’histoire du grenier à sel d’Alençon reste marquée par ses différentes localisations au fil des siècles. Le plus ancien site attesté se trouvait dans l’une des tours du château à la fin du XVIe siècle. Cette tour, mentionnée en 1431 sous le nom de « Tour de l’Orloge (sic) », devint plus tard la « Tour Salée » d’après des écrits des XVIIe et XVIIIe siècles.

    Dès le début du XVIIe siècle et jusqu’en 1784, le grenier à sel se trouvait chemin des Châtelets, dans le faubourg de Lancrel. Ce logis de la fin du XVe début XVIe siècle présente encore quelques éléments architecturaux anciens, malgré les transformations successives.

    En 1784, l’institution fut transférée au Plénître (« place » en normand) dans un bâtiment plus vaste. Ce dernier subsista jusqu’à sa démolition en 1974, à une époque où le quartier du Plénître et de la Poterne subissait d’importantes transformations urbaines.

    Un patrimoine sacrifié

    Le grenier à sel d’Alençon, avec ses volumes architecturaux imbriqués et son intérêt historique, aurait mérité d’être préservé. Sa destruction en 1974 a inauguré une vague de démolitions dans le quartier, victime récurrente d’un certain vandalisme urbain. Aujourd’hui encore, le secteur est menacé par des projets de parkings-silos et la démolition de maisons particulières, mettant en péril le patrimoine historique d’Alençon.

    Jean-David Desforges

  • Passage obligé par la porte de Sées

    En 1774, la porte de Sées, qui est l’une des cinq porte de la période moderne d’Alençon, n’a rien à voir avec une porte médiévale. C’est une porte de ville du XVIIIe siècle qui sert à imposer l’octroi. L’architecture retenue est celle d’un arc de triomphe classique.

    Sur ce tableau du début du XVIIIe siècle, nous avons peut-être une représentation de la porte de Sées. Les monuments y sont représentés isolés de la ville, dans une présentation idéalisée.

    Voilà grosso modo comment se configurait la porte de Sées de la fin du XIVe – début du XVe siècles. Le schéma est plaqué sur le cadastre d’Alençon. Le plan de la ville date de 1811. La porte de Sées en forme d’arc de triomphe (construite vers 1725) est donc détruite depuis une vingtaine d’années. Si vous êtes fins observateurs, vous avez noté avec les autres documents que la tour sud-ouest est conservée jusqu’à la Révolution. La raison ? Elle est partiellement incluse dans les habitations !

    En rapprochant ces deux documents, vous conviendrez que la tour que l’on voit sur le relevé des fortifications ressemble trait pour trait à celle du tableau. En effet, la tour sud-ouest du monument médiéval n’est pas détruite en 1724, puisqu’elle est incluse dans les habitations.

    Jean-David Desforges

  • Quand réapparaît la porte de Sées

    Dans l’axe de la Grande rue, et juste sur le tracé des fortifications, à la hauteur de Patrice Breal, Krys et L’Envers du Décor, les travaux ont permis la mise au jour des vestiges de la Porte de Sées. Promis, on vous en dit plus ce weekend sur ce monument. On en profite pour remercier Fabrice Morand pour ses photographies ! Ainsi que Anne-Lise Imbault pour les photos reçues à l’instant.

    Jean-David Desforges

  • La Grotte, une œuvre méprisée

    Hier, 24 janvier 2018, la fontaine La Grotte, de son nom officiel, a été démontée, non sans être bousculée et quelque peu endommagée.

    A force de répéter qu’elle est intéressante, cette fontaine réapparaîtra peut-être sur un rond-point quelconque ? Droits réservés.

    Cette fontaine, ce n’est (n’était) pas un produit standard de catalogue d’aménagements urbains mais une oeuvre d’art, imaginée pour cette place. Elle sera remplacée par un truc dont les mérites sont vantés (sur-vendus même) mais qui peut être installé partout, que l’on finira par ne plus voir.

    Quelques personnes se souviennent du trio d’artistes qui a travaillé sur ce projet, y compris in situ. Marcel Chauvenet, Esther Gorbato et Johanna Ebertz sont des artistes de grandes renommée, principalement des sculpteurs. « La dent creuse », ou « la harpe », pour utiliser ses surnoms, est donc renvoyée dans un dépôt et l’on se dit bon débarras, et vivement l’odeur des matériaux neufs ! C’est donc le moment d’avoir une pensée pour ces artistes, sachant que dans d’autres villes, ils sont les auteurs d’œuvres dans l’espace public que personne n’oserait une seule seconde mettre en caisse.

    Marcel Chauvenet (1906-1988). Droits réservés.
    Esther Gorbato (1926-1987). Droits réservés.

    La Grotte a été commandée par la ville d’Alençon au titre du 1% pour l’Art, en application de la loi de 1951. Quelle déchéance !

    Jean-David Desforges