Cette maison a servi de mairie à la commune d’Alençon de 1473 jusqu’au milieu du XVIe siècle. Elle peut être datée de la seconde moitié du XVe siècle en raison de ses murs pare-feu et de sa façade en pans de bois. Curieusement, son propriétaire, l’architecte qui a conçu la coupole de la Halle aux Blés, l’a faite détruire. L’aquarelle, de l’artiste Henry Fleury de La Hussinière, est réalisée l’année de la démolition : 1879. Cette maison a servi de mairie à la commune d’Alençon de 1473 jusqu’au milieu du XVIe siècle.
Cadastre d’Alençon. (Archives départementales de l’Orne)
Elle peut être datée de la seconde moitié du XVe siècle en raison de ses murs pare-feu et de sa façade en pans de bois. Curieusement, son propriétaire, l’architecte qui a conçu la coupole de la halle aux blés, l’a faite détruire. L’aquarelle, de l’artiste Henry Fleury de La Hussinière, est réalisée l’année de la démolition : 1879.
La maison était située parcelle 740, rue de l’Ancienne Mairie, dans la partie sud de l’actuelle rue du Val Noble (nom datant des années 1970 et remplaçant aussi la rue du Val) face à l’hôtel de la brigade.
Un mur a été mis au jour dans une tranchée place Foch. Juste sous le bitume, il mesure plus d’un mètre de large. Très profondément fondé, en moellons de granit et en mortier de sable et chaux, est-il un vestige de l’immeuble de la Société des Lettres ? Construit au XVIIIe siècle, ce bâtiment fermait la place. Il est incendié durant la Révolution, pour le symbole.
Depuis la fin du Moyen Âge, Alençon a possédé un grenier à sel, institution essentielle à la gestion de cette denrée stratégique. Son rôle était double : abriter les stocks de sel et assurer l’administration de cette marchandise, indispensable notamment pour la conservation alimentaire. Il servait aussi de tribunal pour juger les affaires de faux-sauniers.
L’impôt et son administration
L’impôt sur le sel fut instauré en 1315 par Louis X et généralisé par Jean II le Bon (1319-1364) afin de financer sa rançon à Édouard III d’Angleterre. Alençon, ville normande, relève du régime du Quart-Bouillon — une technique de production du sel par bouillage d’eau de mer — qui influait sur la fiscalité de la ressource.
Le grenier à sel d’Alençon était administré par un collège d’officiers composé d’un président, d’un « grénetier », d’un contrôleur, d’un procureur du roi et d’un greffier. Afin d’optimiser la collecte de l’impôt et de lutter contre la contrebande, des greniers secondaires étaient établis à Fresnay ou Bellême.
Des emplacements successifs
L’institution fut abolie à la Révolution, mais l’histoire du grenier à sel d’Alençon reste marquée par ses différentes localisations au fil des siècles. Le plus ancien site attesté se trouvait dans l’une des tours du château à la fin du XVIe siècle. Cette tour, mentionnée en 1431 sous le nom de « Tour de l’Orloge (sic) », devint plus tard la « Tour Salée » d’après des écrits des XVIIe et XVIIIe siècles.
Dès le début du XVIIe siècle et jusqu’en 1784, le grenier à sel se trouvait chemin des Châtelets, dans le faubourg de Lancrel. Ce logis de la fin du XVe début XVIe siècle présente encore quelques éléments architecturaux anciens, malgré les transformations successives.
En 1784, l’institution fut transférée au Plénître (« place » en normand) dans un bâtiment plus vaste. Ce dernier subsista jusqu’à sa démolition en 1974, à une époque où le quartier du Plénître et de la Poterne subissait d’importantes transformations urbaines.
Un patrimoine sacrifié
Le grenier à sel d’Alençon, avec ses volumes architecturaux imbriqués et son intérêt historique, aurait mérité d’être préservé. Sa destruction en 1974 a inauguré une vague de démolitions dans le quartier, victime récurrente d’un certain vandalisme urbain. Aujourd’hui encore, le secteur est menacé par des projets de parkings-silos et la démolition de maisons particulières, mettant en péril le patrimoine historique d’Alençon.
En 1774, la porte de Sées, qui est l’une des cinq porte de la période moderne d’Alençon, n’a rien à voir avec une porte médiévale. C’est une porte de ville du XVIIIe siècle qui sert à imposer l’octroi. L’architecture retenue est celle d’un arc de triomphe classique.
Sur ce tableau du début du XVIIIe siècle, nous avons peut-être une représentation de la porte de Sées. Les monuments y sont représentés isolés de la ville, dans une présentation idéalisée.
Voilà grosso modo comment se configurait la porte de Sées de la fin du XIVe – début du XVe siècles. Le schéma est plaqué sur le cadastre d’Alençon. Le plan de la ville date de 1811. La porte de Sées en forme d’arc de triomphe (construite vers 1725) est donc détruite depuis une vingtaine d’années. Si vous êtes fins observateurs, vous avez noté avec les autres documents que la tour sud-ouest est conservée jusqu’à la Révolution. La raison ? Elle est partiellement incluse dans les habitations !
En rapprochant ces deux documents, vous conviendrez que la tour que l’on voit sur le relevé des fortifications ressemble trait pour trait à celle du tableau. En effet, la tour sud-ouest du monument médiéval n’est pas détruite en 1724, puisqu’elle est incluse dans les habitations.
Dans l’axe de la Grande rue, et juste sur le tracé des fortifications, à la hauteur de Patrice Breal, Krys et L’Envers du Décor, les travaux ont permis la mise au jour des vestiges de la Porte de Sées. Promis, on vous en dit plus ce weekend sur ce monument. On en profite pour remercier Fabrice Morand pour ses photographies ! Ainsi que Anne-Lise Imbault pour les photos reçues à l’instant.
Hier, 24 janvier 2018, la fontaine La Grotte, de son nom officiel, a été démontée, non sans être bousculée et quelque peu endommagée.
A force de répéter qu’elle est intéressante, cette fontaine réapparaîtra peut-être sur un rond-point quelconque ? Droits réservés.
Cette fontaine, ce n’est (n’était) pas un produit standard de catalogue d’aménagements urbains mais une oeuvre d’art, imaginée pour cette place. Elle sera remplacée par un truc dont les mérites sont vantés (sur-vendus même) mais qui peut être installé partout, que l’on finira par ne plus voir.
Quelques personnes se souviennent du trio d’artistes qui a travaillé sur ce projet, y compris in situ. Marcel Chauvenet, Esther Gorbato et Johanna Ebertz sont des artistes de grandes renommée, principalement des sculpteurs. « La dent creuse », ou « la harpe », pour utiliser ses surnoms, est donc renvoyée dans un dépôt et l’on se dit bon débarras, et vivement l’odeur des matériaux neufs ! C’est donc le moment d’avoir une pensée pour ces artistes, sachant que dans d’autres villes, ils sont les auteurs d’œuvres dans l’espace public que personne n’oserait une seule seconde mettre en caisse.
Plusieurs théâtre ont existé à Alençon. Au XIXe siècle trois projets se succèdent dans le secteur restreint de l’île du Jaglolay :
un premier théâtre aménagé par le baron Mercier qui est racheté par la ville en 1841 ;
un projet de l’architecte Paul Lebart face à l’hôtel de ville, qui n’est pas construit en raison des contraintes géologiques et hydrologiques ;
un second projet de Paul Lebart, construit sur la Briante : celui qui nous intéresse.
L’ancien théâtre est au centre de ce détail de photographie aérienne, en 1946. Comme on le voit, il n’a pas été détruit par des bombardements. C’est une idée reçue qui le fait dire. Il est accolé à l’hôtel Masson.
La destruction du théâtre à la charnière des années 1950-1960 est la première étape du percement de l’avenue de Lattre de Tassigny. Nous sommes en 1967. En bas à droite, on distingue d’autres destructions, où s’élève de nos jours l’école maternelle Masson. (Le nord est en haut de la vue).