En 1774, la porte de Sées, qui est l’une des cinq porte de la période moderne d’Alençon, n’a rien à voir avec une porte médiévale. C’est une porte de ville du XVIIIe siècle qui sert à imposer l’octroi. L’architecture retenue est celle d’un arc de triomphe classique.
Sur ce tableau du début du XVIIIe siècle, nous avons peut-être une représentation de la porte de Sées. Les monuments y sont représentés isolés de la ville, dans une présentation idéalisée.


Voilà grosso modo comment se configurait la porte de Sées de la fin du XIVe – début du XVe siècles. Le schéma est plaqué sur le cadastre d’Alençon. Le plan de la ville date de 1811. La porte de Sées en forme d’arc de triomphe (construite vers 1725) est donc détruite depuis une vingtaine d’années. Si vous êtes fins observateurs, vous avez noté avec les autres documents que la tour sud-ouest est conservée jusqu’à la Révolution. La raison ? Elle est partiellement incluse dans les habitations !


En rapprochant ces deux documents, vous conviendrez que la tour que l’on voit sur le relevé des fortifications ressemble trait pour trait à celle du tableau. En effet, la tour sud-ouest du monument médiéval n’est pas détruite en 1724, puisqu’elle est incluse dans les habitations.
Jean-David Desforges
